C’est l’histoire d’une véritable résurrection. Celle de Thomas Monconduit, aujourd’hui capitaine et quel capitaine de l’Amiens SC. 

Voici deux ans, il se considérait comme un homme fini pour le sport de haut niveau. La faute à de multiples blessures et opérations. 

Mais à Amiens, un homme  lui a tendu la main et il est venu à sa rescousse. John Williams l’homme de confiance du président Joannin et dont il faut reconnaitre que, jusqu’à présent, tous ses choix ont été irréfutables, judicieux  et incontestés, lui a proposé de repartir sous les couleurs de l’ASC. 

Thomas Monconduit qui a évolué plusieurs saisons à Auxerre (CFA et Ligue 2) après avoir été formé à Clairefontaine, a retrouvé rapidement son niveau et emmené l’ASC, vers une accession en Ligue 2. 

Nous le revoyons après le match contre Belfort, celui de la délivrance et du retour d’Amiens en Ligue 2. 

Thomas Monconduit était évidemment heureux mais il ne cachait pas une réelle  tristesse. Quelques mois auparavant, son père, son premier supporter, disparaissait brutalement. Thomas en fut évidemment très affecté et c’est à ce père qu’allaient ses premières pensées sur la pelouse de la Licorne, au milieu de l’allégresse générale.

Ce vendredi, les Amiénois vont se déplacer à Auxerre et ce match va revêtir chez Thomas Monconduit un certain cachet. D’abord, ce sera la première fois qu’il reviendra au stade Abbé Deschamps depuis qu’il a quitté le club cher à Guy Roux.

Ce mardi, après le petit déjeuner que tout le groupe a l’habitude de prendre,  Thomas Monconduit est revenu sur son parcours, semé d’embuches et de satisfactions.

« Je suis né à Drancy voici 26 ans et j’ai été formé à Clairefontaine puis  de 16 à 23 ans, je suis venu à Auxerre. C’est Daniel Rolland qui m’a fait venir. Je n’ai jamais eu affaire à Guy Roux. J’ai évolué en U 16 Nationaux, U 18 Nationaux, CFA 2, CFA puis en Ligue 2 et Ligue 1 et mes entraineurs successifs furent Jean Fernandez, Jean Guy Wallemme, Laurent Fournier, Jean Casoni et  Jean Luc Vannucci.

« Je suis venu avec Auxerre à la Licorne et c’était en coupe de France contre Chambly. Mais je suis resté sur le banc et je n’ai pas joué.

« Auxerre reste encore un grand club. Il sort toujours de grands joueurs et cela se voit dans les sélections de jeunes. A Auxerre, j’ai appris à devenir un homme. Il y a tellement de monde, que si vous n’êtes pas costaud mentalement, vous vous faites marcher dessus. Cela m’a fait du bien. »

Arrive alors la fin de contrat et peut-être la poursuite de la carrière dans un autre club. Patatras. 

Tout s’écroule.

« J’ai été blessé et j’ai été opéré trois fois d’une pubalgie. Je suis alors resté un an au chômage. J’ai connu ensuite une période de doute. Oui, j’ai eu peur que tout s’arrête. Plus personne ne prenait  de mes nouvelles et le téléphone ne sonnait plus. 

« Mais Amiens est venu  me voir. John Williams a pris des risques. Je n’ai jamais eu l’occasion de lui demander pourquoi il m’avait fait sortir de l’ornière».

Vendredi, Thomas aura l’occasion de revenir pour la première fois à Auxerre. 

« Ce sera un match compliqué. Auxerre a besoin de points. Par rapport au match aller (0-0), de nouveaux joueurs sont arrivés comme Obraniak. Ce sera mon retour à Auxerre où j’ai beaucoup d’amis et des tas de souvenirs. 

« A Auxerre, les supporters vivent avec la nostalgie du passé mais pas les gens du club qui ne voient jamais les joueurs dans la semaine. Ce n’est pas un club familial comme ici à Amiens où les administratifs  sont très proches des joueurs. » 

Auteur L.H.