Homme d’expérience et cadre du groupe, Richard Soumah était heureux mais aussi particulièrement calme et serein à l’issue de la victoire de l’Amiens SC à Reims (1-2). Conscient que le club amiénois a réalisé une performance historique, ce vendredi soir, le milieu de terrain se projette d’ores et déjà vers la saison prochaine. Si le club picard découvrira la Ligue 1, l’ancien Guingamp retrouvera un championnat qu’il a quitté à l’issue de la saison 2011-2012.

Quel final Richard, c’est de la folie pure et simple !

Exactement. C’est une vraie saison de folie, ce match est à l’image de tout ce que l’on a fait durant l’année. On a une nouvelle fois vu l’état d’esprit de ce groupe, c’est le plus important. Il y a un peu moins d’un an de cela, je disais qu’on avait les moyens d’exister dans ce championnat. On l’a prouvé et aujourd’hui nous sommes en Ligue 1 ! Avant d’être content pour, nous, les joueurs, je suis content pour tous les hommes et femmes qui travaillent pour le club. Ils le méritent tellement, ce sont vraiment des gens bien. Quand on est bon dans la vie, on est souvent récompensé. C’est bien pour nous, pour le staff, pour tout l’administratif, le club, la ville et tous les enfants qui ont rêvé grâce à nous, ce soir.

C’est une victoire d’un collectif. Vous avez démontré un état d’esprit unique tout au long de la saison…

A quoi bon être comme les autres ? Nous avons créé une équipe, on trace notre route et on a marqué l’histoire à notre manière.

Rien n’est jamais évident pour vous mais vous ne vous résignez jamais. Ce but à la dernière minute en est encore la preuve…

On va toujours jusqu’au bout. Notre principale force est de s’accrocher et d’y croire jusqu’au bout. Encore une fois, on l’a fait et on a réussi à l’emporter. Je suis vraiment très heureux ce soir, ce dernier match est vraiment symbolique.

Après l’égalisation de Reims, avez-vous eu le sentiment que ce match et la montée étaient en train de vous échapper ?

Ce n’est pas qu’il nous échappe mais on avait le sentiment que l’on aurait pu tuer le match avant. On a été assez fort pour ne pas baisser la tête, pour continuer à se battre jusqu’à l’ultime seconde du match. Finalement, Manu (Bourgaud) nous a délivrés.

On a eu le sentiment que vous avez été un peu rattrapés par la pression et que le degré de nervosité était bien plus important que d’habitude…

Reims nous a posés de gros problèmes. Il fallait répondre à la problématique qu’ils nous ont posée. Il est vrai qu’ils nous ont ballotés mais nous n’avons que très peu été inquiétés. On a essayé de contrôler ça en deuxième mi-temps où nous avons eu de grosses occasions. On a fait face à une équipe qui s’est battue corps et âme. On a senti que ça devenait de plus en plus compliqué mais on a su renverser la situation.

Vous allez retrouver la Ligue 1 avec l’Amiens SC. Quand vous avez signé au club il y a deux ans de cela, c’était présent dans un coin de votre tête ?

Tout à fait. Il n’y avait aucune raison de ne pas y croire. A six ans, je rêvais que je devenais joueur professionnel. Je n’ai jamais douté, beaucoup de choses peuvent arriver, même le meilleur. Il faut s’en donner les moyens, on l’a fait et on s’est mis à bosser pour que cela paye aujourd’hui.

Amiens peut-il exister en Ligue 1 ?

Et pourquoi pas ! On parle beaucoup de technique et de physique mais l’état d’esprit permet de faire beaucoup de choses, aujourd’hui. Il faudra continuer à travailler et si on conserve notre mentalité, je suis persuadé que l’on pourra faire quelque chose. Je suis un optimiste de nature, je pense donc qu’Amiens existera et sera digne en Ligue 1.

Votre avenir s’écrit à l’Amiens SC ?

On va en parler avec les décideurs. Je ne me serai pas autant investi pour quitter le navire, cet été. Mon souhait est de poursuivre l’aventure avec eux et j’espère qu’il est identique chez les dirigeants. On va désormais se poser autour de la table et discuter dans les jours qui viennent.

 

Romain PECHON